Le Serment de Destruction

Le Serment de Destruction

By ALeclerc

romance · 2026-04-23

Adeline découvre qu'Théo l'a utilisée pour un mariage d'intérêt. Elle contacte un mystérieux contact pour se venger, acceptant de sacrifier son identité. Alors qu'elle met le feu à ses souvenirs et s'échappe, un homme l'attend sur le toit.

Chapitre 1

Le Prix d'une Promesse Brisée

Le goût amer du champagne éventé collait à sa gorge, un écho de la soirée qui avait basculé. Elle avait vu son sourire, celui qui lui avait autrefois fait chavirer le cœur, se figer en un masque d'indifférence alors qu'il prononçait les mots qui allaient réduire sa vie en cendres. Adeline Thierry se tenait sur le balcon de sa suite d'hôtel, dominant la baie scintillante de Nice, le vent marin fouettant ses cheveux ébène, et jurait qu'il paierait pour chaque larme versée, chaque nuit blanche passée à se demander où elle avait mal tourné.

Cinq ans. Cinq années passées à construire un avenir qu'elle croyait indestructible avec Théo Rossi. Cinq années de dévouement, de sacrifices, d'amour inconditionnel. Et tout cela réduit à néant en quelques phrases glaciales, prononcées avec la désinvolture d'un homme qui se débarrasse d'un vieux manteau.

Adeline avait rencontré Théo lors d'une exposition d'art à Paris. Elle était une jeune restauratrice d'art, passionnée par son métier, et lui, un héritier charismatique à la tête d'un empire immobilier en pleine expansion. Son regard sombre et intense l'avait immédiatement captivée. Il avait l'air d'un héros de roman, torturé et inaccessible, et elle, naïve, avait cru pouvoir percer son armure.

Leur romance avait été un tourbillon. Des dîners romantiques sur les Champs-Élysées, des escapades improvisées à Venise, des nuits passionnées dans les bras l'un de l'autre. Théo l'avait submergée d'attentions, de cadeaux somptueux, de promesses d'un avenir radieux. Elle avait quitté Paris pour le suivre sur la Côte d'Azur, abandonnant sa carrière prometteuse pour se consacrer à lui, à leur amour. Elle avait cru en lui, en eux, plus que tout au monde.

Ils s'étaient installés dans une villa somptueuse à Saint-Jean-Cap-Ferrat, avec vue imprenable sur la mer. Adeline avait redécoré la maison avec amour, créant un cocon chaleureux et accueillant. Elle organisait des réceptions somptueuses pour les amis et les relations d'Théo, se pliant à toutes ses exigences, effaçant sa propre personnalité pour devenir la femme parfaite qu'il désirait.

Et puis, petit à petit, le vernis avait commencé à craqueler. Les absences d'Théo s'étaient faites plus fréquentes, ses explications plus évasives. Son regard s'était voilé d'une froideur qu'elle ne lui connaissait pas. Il était devenu distant, irritable, presque étranger.

Adeline avait essayé de comprendre, de percer le mystère de son changement d'humeur. Elle avait tenté de raviver la flamme de leur amour, de lui rappeler les promesses qu'ils s'étaient faites. Mais ses efforts étaient restés vains. Théo s'était refermé sur lui-même, inaccessible à ses appels.

La vérité avait éclaté lors d'une soirée de gala organisée par la famille Rossi. Adeline avait surpris une conversation entre Théo et son père, un homme d'affaires impitoyable au regard perçant. Elle avait entendu des bribes de phrases qui la glaçaient le sang : « mariage arrangé », « intérêt familial », « fusion stratégique ».

Elle avait d'abord cru à une erreur, à un malentendu. Mais en croisant le regard d'Théo, elle avait compris. Il l'avait utilisée. Elle n'était qu'un faire-valoir, une distraction temporaire dans un plan machiavélique orchestré par sa famille.

Plus tard, dans l'intimité de leur suite d'hôtel, elle l'avait confronté. Théo n'avait pas nié. Il avait reconnu qu'il allait épouser une autre femme, la fille d'un puissant magnat de l'industrie hôtelière. Un mariage de convenance, destiné à consolider l'empire Rossi.

Il avait tenté de se justifier, de lui expliquer qu'il n'avait pas le choix, que c'était pour le bien de sa famille. Il avait même osé lui dire qu'il l'aimait encore, mais que l'amour ne suffisait pas.

Adeline avait senti son cœur se briser en mille morceaux. Elle avait réalisé qu'elle avait été aveugle, naïve, stupide. Elle avait gaspillé cinq années de sa vie pour un homme qui ne l'avait jamais aimée, qui ne l'avait jamais respectée.

Alors qu'elle contemplait la mer scintillante, Adeline sentit la colère monter en elle, une colère froide et déterminée. Elle ne se laisserait pas détruire. Elle ne deviendrait pas une victime pitoyable. Elle se vengerait. Elle ferait payer Théo Rossi pour sa trahison. Elle lui montrerait qu'il avait sous-estimé la femme qu'il avait cru pouvoir manipuler à sa guise.

Elle se souvint des paroles de sa grand-mère : « La vengeance est un plat qui se mange froid. » Elle allait savourer chaque instant de sa vengeance, la préparer avec patience et minutie, jusqu'à ce qu'elle soit parfaite.

Elle entra dans sa suite et ouvrit une mallette cachée dans le placard. À l'intérieur, reposaient des documents soigneusement rassemblés, des informations confidentielles sur les activités d'Théo et de sa famille. Elle avait commencé à les collecter il y a quelques mois, suite à de vagues soupçons, sans imaginer qu'ils lui seraient un jour aussi utiles.

Elle sortit un téléphone portable crypté et composa un numéro. Une voix rauque répondit à l'autre bout du fil.

« C'est Adeline Thierry, dit-elle d'une voix ferme. J'ai besoin de vos services. C'est urgent. »

Une pause. Puis, la voix répondit :

« Je vous écoute, Mademoiselle Thierry. Que puis-je faire pour vous ? »

« Je veux détruire Théo Rossi, répondit Adeline, le regard fixé sur la mer. Je veux le voir perdre tout ce qui compte pour lui. Je veux qu'il souffre autant que j'ai souffert. »

« C'est un contrat… délicat, Mademoiselle. Monsieur Rossi a beaucoup de relations… et de protections. »

« Je suis prête à payer le prix, répondit Adeline. Nommez votre prix. »

Un silence prolongé. Puis, la voix reprit :

« Le prix, Mademoiselle Thierry… sera votre identité. Votre vie d'avant. Tout ce que vous êtes. Êtes-vous prête à tout perdre pour vous venger ? »

Adeline hésita un instant. Perdre son identité… cela signifiait renoncer à tout ce qu'elle avait été, à tous ceux qu'elle avait aimés. Mais la pensée d'Théo, souriant à une autre femme, la détermination froide dans ses yeux, la poussa à prendre une décision.

« Oui, répondit-elle, la voix tremblante mais déterminée. Je suis prête à tout perdre. Je veux qu'Théo Rossi paie. »

« Très bien, Mademoiselle Thierry, répondit la voix. Considérez le contrat comme conclu. À partir de maintenant… vous n'êtes plus Adeline Thierry. Vous êtes… quelqu'un d'autre. Quelqu'un de nouveau. Quelqu'un… de dangereux. Et votre première mission… sera de disparaître. »

Le téléphone se tut. Adeline fixa l'appareil, la main tremblante. Elle venait de sceller son destin. Elle avait franchi le point de non-retour. Elle n'était plus Adeline Thierry. Elle était une ombre, une vengeance incarnée, prête à frapper Théo Rossi au cœur. Mais pour disparaître, elle devait se rendre dans un lieu où personne ne la chercherait… un lieu qu’Théo méprisait plus que tout. Elle sourit froidement. Demain, elle s’inscrirait comme bénévole dans l’orphelinat de sa mère à Marseille. Un endroit qu’Théo avait toujours qualifié de « repaire à misérables ». Elle se fondrait dans la masse, invisible, préparant son plan avec une patience diabolique. Mais, avant de partir, elle devait accomplir une dernière action, une action symbolique, qui marquerait le début de sa nouvelle vie. Elle prit une photo d’elle et d’Théo, une photo prise lors de leur premier voyage à Venise, où ils semblaient si heureux et amoureux. Elle déchira la photo en mille morceaux et les jeta par le balcon, les laissant s’éparpiller dans la nuit, emportés par le vent. Puis, elle récupéra la robe de soirée qu’elle portait plus tôt, la robe qu’Théo lui avait offerte, et la lacéra avec une paire de ciseaux, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un tas de lambeaux informes. Satisfaite, elle les entassa au milieu de la chambre et y mit le feu. Les flammes dévorèrent rapidement le tissu, illuminant la pièce d’une lueur rougeoyante. Adeline observa le spectacle avec un sourire étrange, un mélange de tristesse et de détermination. Elle regarda le feu consumer son passé, brûler ses souvenirs, la purifier de son amour perdu. Alors que la fumée commençait à envahir la pièce, elle entendit frapper à la porte. Une voix masculine, paniquée, criait :

« Mademoiselle Thierry ! Mademoiselle Thierry, ouvrez ! Il y a le feu ! »

Adeline sourit. Le moment était venu. Elle ouvrit la porte, le visage impassible, et dit :

« Il n'y a plus de Mademoiselle Thierry. Elle est morte dans les flammes. »

Et elle referma la porte, laissant l'homme derrière elle, bouche bée, alors que les flammes léchaient les murs de la suite. Elle sauta par le balcon, atterrissant sur le toit du bâtiment adjacent. Elle avait une complice, une femme de chambre qu’elle avait payée pour l’aider à s’échapper. Ensemble, elles allaient disparaître dans la nuit niçoise, laissant derrière elles un sillage de fumée et de mystère. Mais alors qu’elle courait sur le toit, elle entendit un bruit derrière elle. Un bruit de pas. Elle se retourna et vit une silhouette sombre se dresser devant elle. Un homme. Grand, menaçant, le visage dissimulé par une capuche. Il tenait un couteau à la main. Il lui sourit d’un sourire cruel, laissant apparaître des dents blanches et acérées.

« Désolé, Mademoiselle Thierry, dit-il d’une voix rauque. Mais votre vengeance… s’arrête ici. »

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